Sommaire (12 sections)
- Quand la SORA est-elle requise ?
- SORA drone analyse risque : les deux dimensions évaluées
- Étape 1 — Décrire le concept d’opération (ConOps)
- Étape 2 — Déterminer le GRC intrinsèque
- Étape 3 — Déterminer l’ARC
- Étape 4 — Déterminer le SAIL
- Étape 5 — Remplir les OSO
- Étape 6 — Rédiger le document SORA
- Cas pratique : inspection de pylône en zone rurale à 150m
- En résumé
- FAQ
- cta_primary: “AltiNest structure votre analyse de risque directement dans le dossier de vol : identification des dangers, GRC, ARC et mesures d’atténuation. Essai gratuit →” cta_primary_url: “/fonctionnalites#dossier-de-vol” internal_links: [“reglementation-drone-professionnel-france-2026”, “sts-01-sts-02-scenarios-europeens-guide”, “cerfa-15478-vol-120m-hauteur-demande-accord”] sources: [“https://www.easa.europa.eu/en/document-library/acceptable-means-of-compliance-and-guidance-materials/sora”, “https://www.ecologie.gouv.fr/drones-usages-professionnels”, “https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042673140”]
SORA simplifiée : réaliser votre analyse de risque pas à pas
La SORA — Specific Operations Risk Assessment — est la méthode d’analyse de risque imposée par l’EASA pour les opérations en catégorie Spécifique hors scénarios STS standard. Beaucoup de télépilotes la considèrent comme un exercice théorique réservé aux grandes entreprises. En réalité, une SORA simplifiée est exigée dans de nombreuses situations courantes : vol urbain complexe, opération au-dessus d’infrastructure critique, demande de dépassement de 120m. Ce guide la rend praticable.
Quand la SORA est-elle requise ?
Pas pour tous les vols professionnels. La SORA est obligatoire :
- Pour toute opération en catégorie Spécifique hors scénarios STS-01 et STS-02 standard
- Pour les PDRA (Pre-Defined Risk Assessment) non couverts par les STS
- Lorsque la DGAC l’exige dans le cadre d’une autorisation de vol spécifique
- En support d’une demande de dérogation (hauteur > 120m, zone réglementée)
Pour les STS-01 et STS-02 conformes (drone de classe C5/C6, télépilote CATS, zone conforme), la SORA est implicitement intégrée dans la définition du scénario. Vous n’avez pas à la refaire.
SORA drone analyse risque : les deux dimensions évaluées
La SORA évalue le risque selon deux axes indépendants :
GRC — Ground Risk Class (risque sol) Le risque pour les personnes au sol en cas de chute du drone. Il dépend de :
- La densité de population dans la zone de vol (rural, suburban, urbain, rassemblement)
- Les caractéristiques du drone (masse, énergie cinétique)
- La présence de personnes contrôlées ou non contrôlées sous la trajectoire
ARC — Air Risk Class (risque aérien) Le risque de collision avec un aéronef habité. Il dépend de :
- La densité du trafic aérien dans la zone (en utilisant les données ATC, NOTAM, carte OACI)
- L’altitude de vol
- Les procédures de mitigation (équipements anti-collision, coordination ATC)
Étape 1 — Décrire le concept d’opération (ConOps)
Avant toute analyse, rédigez un ConOps précis :
- Type d’opération : inspection, photographie, cartographie, surveillance…
- Zone de vol : coordonnées, superficie, environnement (urbain, rural, maritime…)
- Altitude de vol : minimum, maximum, profil de vol
- Drone utilisé : masse, dimensions, classe, vitesse maximale
- Télépilote : qualifications, expérience spécifique
- Conditions prévues : météo minimale acceptée, horaires
Ce document est le fondement de votre analyse. Sans ConOps précis, votre SORA sera rejetée.
Étape 2 — Déterminer le GRC intrinsèque
Utilisez le tableau GRC de l’EASA (document SORA 2.5, disponible sur easa.europa.eu) :
| Drone | Zone urbaine densément peuplée | Zone suburbaine | Zone rurale/clairsemée |
|---|---|---|---|
| < 1 kg | GRC 2 | GRC 1 | GRC 1 |
| 1–3 kg | GRC 4 | GRC 2 | GRC 2 |
| 3–8 kg | GRC 5 | GRC 3 | GRC 2 |
| 8–25 kg | GRC 6 | GRC 4 | GRC 3 |
GRC 1 = risque le plus faible, GRC 10 = risque le plus élevé.
Réduction du GRC : Des mesures d’atténuation permettent de réduire le GRC de 1 à 2 niveaux :
- Zone de vol avec accès contrôlé (périmètre de sécurité) : -1 GRC
- Parachute de récupération certifié : -1 GRC
- Calcul de zone d’impact avec buffer de sécurité documenté : possible selon configuration
Étape 3 — Déterminer l’ARC
L’ARC (de a à d, d étant le plus élevé) dépend de la zone géographique et de la densité du trafic aérien. Consultez :
- La carte OACI de la France (SIA — Service de l’Information Aéronautique)
- Les NOTAMs actifs pour votre zone et période
- La carte des espaces aériens sur Géoportail
Valeurs par défaut SORA :
- Zone VFR de transit à basse altitude avec peu de trafic : ARC-a ou ARC-b
- Zone suburbaine avec quelques aéronefs : ARC-b
- CTR ou zone à fort trafic : ARC-c ou ARC-d
Mitigation ARC : Possible via :
- Coordination avec le contrôle aérien (ATC)
- Équipement de détection de trafic (transpondeur ADS-B In, récepteur FLARM si applicable)
- Restriction de l’altitude de vol aux plafonds les plus bas
Étape 4 — Déterminer le SAIL
Le SAIL (Specific Assurance and Integrity Level) est une matrice croisant GRC résiduel et ARC résiduel après mitigation.
| ARC résiduel | GRC 1–2 | GRC 3–4 | GRC 5–6 | GRC 7+ |
|---|---|---|---|---|
| ARC-a | SAIL I | SAIL II | SAIL III | SAIL IV |
| ARC-b | SAIL II | SAIL III | SAIL IV | SAIL V |
| ARC-c | SAIL III | SAIL IV | SAIL V | SAIL VI |
| ARC-d | SAIL IV | SAIL V | SAIL VI | SAIL VI |
Plus le SAIL est élevé, plus les exigences opérationnelles (OSO — Operational Safety Objectives) sont strictes.
AltiNest structure votre analyse de risque directement dans le dossier de vol : identification des dangers, GRC, ARC et mesures d’atténuation. Essai gratuit →
Étape 5 — Remplir les OSO
Pour chaque niveau SAIL, un ensemble d’Operational Safety Objectives doit être satisfait. Les OSO couvrent :
- La robustesse du drone (maintenance, redondance)
- La compétence du pilote
- L’organisation de l’exploitant (MANEX, procédures d’urgence)
- La gestion des données et de la mission
Le tableau complet des OSO par SAIL est dans l’annexe de la SORA 2.5 (easa.europa.eu). Pour les SAIL I et II, les exigences sont légères. À partir de SAIL IV, le niveau de preuve attendu devient significatif.
Étape 6 — Rédiger le document SORA
Le document final doit inclure :
- Le ConOps détaillé
- La justification du GRC choisi (avec carte et données de densité)
- La justification de l’ARC (avec extraits carte OACI, NOTAMs)
- Les mesures de mitigation et leur justification
- Le SAIL résultant
- Le remplissage des OSO avec preuves (certifications, procédures, équipements)
- Les conditions météorologiques minimales
- Les procédures d’urgence
Ce document est joint à votre demande d’autorisation DGAC ou à votre dossier de vol pour les opérations concernées.
Cas pratique : inspection de pylône en zone rurale à 150m
- Drone : 4 kg, pas de parachute
- Zone : rurale, accès possible mais non contrôlé
- Altitude : 150m AGL (nécessite CERFA 15478)
- Espace aérien : hors CTR, trafic VFR faible
GRC intrinsèque : drone 3–8 kg en zone rurale = GRC 2. Pas de mitigation sol particulière. GRC résiduel : 2.
ARC : zone rurale hors CTR, altitude 150m. ARC-b probable (vérifier NOTAM et carte OACI pour la zone précise).
SAIL : GRC 2 × ARC-b = SAIL II. Exigences modérées, accessibles à un exploitant organisé.
La réglementation générale et les STS-01/STS-02 restent les cadres à privilégier quand ils s’appliquent — la SORA ad hoc est plus lourde administrativement.
En résumé
- La SORA est requise pour les opérations Spécifiques hors STS-01/STS-02 standard
- Elle évalue deux risques indépendants : GRC (sol) et ARC (aérien)
- Le croisement donne le SAIL, qui détermine les obligations opérationnelles
- Commencez par un ConOps précis — c’est la base de tout
- SORA 2.5 est disponible en intégralité sur easa.europa.eu
FAQ
La SORA simplifiée est-elle différente de la SORA complète ?
“Simplifiée” est un raccourci d’usage professionnel — il n’existe pas de version officielle “simplifiée” dans les textes EASA. La SORA 2.5 est la version de référence. Certains PDRA (Pre-Defined Risk Assessment) constituent des SORA pré-réalisées pour des opérations types : si votre opération entre dans un PDRA existant, vous n’avez pas à refaire une SORA complète.
Peut-on faire sa SORA soi-même ou faut-il un bureau d’études ?
Pour les SAIL I et II, un exploitant organisé et formé peut réaliser sa SORA. À partir de SAIL III et surtout SAIL IV+, l’appui d’un consultant spécialisé est fortement recommandé — le niveau de preuve attendu et la complexité des OSO dépassent ce qu’un pilote seul peut produire dans un délai raisonnable.
Combien de temps la DGAC prend-elle pour valider une SORA ?
Il n’existe pas de délai réglementaire imposé à la DGAC pour traiter les demandes d’autorisation basées sur une SORA. En pratique, comptez 4 à 12 semaines selon la complexité de l’opération et la charge de la DSAC Inter compétente. Déposez largement en avance.
cta_primary: “AltiNest structure votre analyse de risque directement dans le dossier de vol : identification des dangers, GRC, ARC et mesures d’atténuation. Essai gratuit →” cta_primary_url: “/fonctionnalites#dossier-de-vol” internal_links: [“reglementation-drone-professionnel-france-2026”, “sts-01-sts-02-scenarios-europeens-guide”, “cerfa-15478-vol-120m-hauteur-demande-accord”] sources: [“https://www.easa.europa.eu/en/document-library/acceptable-means-of-compliance-and-guidance-materials/sora”, “https://www.ecologie.gouv.fr/drones-usages-professionnels”, “https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042673140”]
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