Sommaire (8 sections)
Les contrôles terrain DGAC se sont nettement intensifiés en 2025 et 2026, notamment en zones urbaines et à proximité des aérodromes. La détection s’appuie désormais sur le signalement électronique à distance et sur des systèmes de détection radar déployés sur les sites sensibles. Pour un télépilote professionnel, se présenter au contrôle avec un dossier complet n’est plus une option : c’est la condition de base pour continuer à exercer.
Ce guide synthétise qui peut vous contrôler, quels documents préparer, comment se déroule la procédure et quelles sont les sanctions encourues. Il s’appuie sur les textes officiels DGAC et sur les retours terrain d’exploitants UAS en 2025-2026.
Qui peut vous contrôler ?
Plusieurs acteurs sont habilités à effectuer un contrôle drone sur le terrain. Tous ne disposent pas des mêmes prérogatives.
La DGAC et les DSAC interrégionales
La Direction Générale de l’Aviation Civile et ses directions interrégionales (DSAC) sont les autorités de référence. Les agents DSAC effectuent des contrôles ciblés sur les exploitants déclarés (audits documentaires, vérification du MANEX, suivi des formations télépilotes), généralement sur rendez-vous ou en visite annoncée. Sur le terrain, ils interviennent plus rarement mais peuvent être déclenchés par signalement.
La Gendarmerie nationale — sections drone
La Gendarmerie dispose en 2026 de plus de 280 « chasseurs de drone » formés et équipés, répartis entre la Section de Protection Aéronautique du Drone (SPAD) de la Garde républicaine, la Gendarmerie des Transports Aériens (GTA) et des spécialistes en systèmes d’information et de communication. Ce sont eux qui interviennent le plus fréquemment sur les contrôles inopinés en zone urbaine, lors d’événements et près des sites sensibles.
La Police nationale et les polices municipales
La Police nationale intervient sur les vols en zone urbaine, particulièrement à Paris (préfecture de police, zone P23) et dans les métropoles. Les polices municipales peuvent constater des infractions de stationnement-survol et alerter la Gendarmerie ou la Police nationale.
Les agents assermentés spécialisés
Certaines administrations (ONF, parcs nationaux, ANS, Voies navigables de France, douanes) ont des agents assermentés habilités à constater des infractions liées au drone sur leur périmètre. Le parc national des Calanques est un exemple typique de contrôle inopiné par les gardes du parc.
Quels documents préparer
Lors d’un contrôle, vous devez pouvoir présenter sous 5 à 10 minutes l’ensemble du dossier opérationnel. Voici la check-list complète pour un exploitant UAS en 2026.
Documents télépilote
- Certificat théorique en cours de validité : CATS (depuis 2026) ou ancien CATT valide jusqu’à son échéance — version PDF sur smartphone ou imprimée
- Attestation de compétence pratique STS-01 ou STS-02 délivrée par un organisme de formation déclaré
- Pièce d’identité : carte d’identité ou passeport
- Carnet de vol numérique ou papier à jour avec les heures de vol récentes
Documents exploitant UAS
- Numéro d’exploitant UAS délivré par la DGAC via AlphaTango (format
FRA...) - Manuel d’exploitation (MANEX) à jour — la DGAC peut le demander à tout moment, son absence ou son obsolescence expose à des sanctions administratives immédiates
- Déclaration d’opération STS-01 / STS-02 correspondant à la mission en cours
- Attestation d’assurance RC professionnelle drone couvrant l’activité
Documents drone et mission
- Numéro d’enregistrement du drone affiché sur la coque (depuis 2026, marquage CE obligatoire renforcé)
- Classe européenne (C0 à C6) lisible sur le drone et cohérente avec le scénario d’opération
- Fiche de mission du jour : zone, horaires, objectif, télépilote désigné, conditions météo
- NOTAM consultés avant le vol (capture d’écran ou impression Géoportail)
- Autorisation de survol signée du propriétaire / gestionnaire du site
- Si zone peuplée : déclaration préfectorale (CERFA 15476 ou équivalent post-2026)
Astuce terrain : organisez tout dans un classeur PDF unique sur smartphone (Drive, Dropbox ou équivalent). En cas de contrôle, vous présentez un seul fichier — gain de temps, gain de crédibilité.
Comment se déroule la procédure de contrôle
La Gendarmerie applique un protocole d’identification du drone et de son télépilote. Les mesures initiales consistent en un contrôle d’identité, la saisie du matériel quand une infraction est constatée, et la documentation des faits via un procès-verbal.
Phase 1 — Approche et identification
Les agents vous interpellent généralement après avoir observé le vol ou détecté le drone via le signalement électronique. Ils commencent par :
- Vérifier votre identité
- Demander à voir le drone en vol et le poser en sécurité
- Identifier le numéro d’exploitant UAS sur le drone
Phase 2 — Vérification documentaire
C’est ici que les documents préparés ci-dessus entrent en jeu. Les agents demandent généralement, dans cet ordre :
- Certificat télépilote (CATS / CATT)
- Déclaration d’opération STS
- Attestation d’assurance
- Autorisation de survol du site
- MANEX si exploitant pro
Phase 3 — Constat et suite
Si tout est conforme : le contrôle se termine, vous reprenez votre mission après vérification rapide des conditions de sécurité.
Si une irrégularité est constatée : un procès-verbal est dressé. Selon la gravité, la suite peut être :
- Avertissement oral (cas rares pour infractions mineures)
- Amende forfaitaire (paiement sur place ou via timbre fiscal)
- Procès-verbal transmis au procureur de la République
- Saisie du drone et du matériel en cas d’infraction grave (vol en zone interdite, mise en danger)
- Suspension administrative de l’autorisation d’exploitation par la DGAC
Sanctions encourues en 2026
Les pénalités pour infraction à la réglementation UAS sont graduées selon la gravité.
| Type d’infraction | Montant | Cadre |
|---|---|---|
| Pas de présentation immédiate du certificat | 38 € | Amende forfaitaire |
| Vol sans certificat télépilote (CATS / CATT) | 450 € | Amende forfaitaire |
| Drone non enregistré sur AlphaTango | 750 € | Amende forfaitaire |
| Pas de signalement électronique | jusqu’à 750 € | Amende forfaitaire |
| Vol exploitant pro sans déclaration STS | jusqu’à 15 000 € | Amende administrative |
| Survol zone interdite (P, R, militaire) | jusqu’à 45 000 € + 1 an de prison | Sanction pénale |
| Vol en catégorie spécifique sans déclaration | jusqu’à 45 000 € + 1 an de prison | Sanction pénale |
| Mise en danger d’autrui | jusqu’à 75 000 € + 5 ans de prison | Sanction pénale aggravée |
À ces sanctions financières s’ajoutent les sanctions administratives DGAC : suspension temporaire ou retrait définitif de l’autorisation d’exploitation en cas de récidive. La confiscation du drone et du matériel utilisé pour commettre l’infraction peut être appliquée si elle est proportionnée et justifiée.
Vos droits face au contrôle
Le télépilote contrôlé conserve plusieurs droits qu’il est utile de connaître.
- Droit à l’information : les agents doivent vous indiquer leur qualité (numéro de matricule, service de rattachement).
- Droit à la défense : en cas de procès-verbal, vous pouvez faire valoir vos observations qui seront annexées au PV.
- Droit à un recours : toute amende forfaitaire ou administrative peut être contestée auprès du tribunal compétent dans un délai de 45 jours.
- Droit à la restitution : si votre matériel est saisi sans suite judiciaire, vous pouvez en demander la restitution.
⚠️ Ce qu’il NE faut PAS faire pendant le contrôle : effacer la carte SD, refuser de poser le drone, fuir, dénier l’évidence. Ces comportements constituent des infractions supplémentaires (entrave, destruction de preuve) et aggravent lourdement la situation.
Comment se préparer concrètement
Avant chaque mission terrain, suivez cette check-list de 5 minutes :
- Classeur PDF sur smartphone à jour avec tous les documents (cf. liste ci-dessus)
- Capture d’écran NOTAM du jour, datée
- Capture d’écran Géoportail prouvant que la zone n’est pas interdite
- Bon de commande client signé avec autorisation de survol
- MANEX accessible (drive partagé ou imprimé dans le sac)
- Numéro exploitant UAS visible sur le drone (sticker frais, lisible)
- Carte SD vierge ou avec uniquement les images du vol en cours (pas de séquences non autorisées)
AltiNest centralise automatiquement ces documents dans une fiche de mission unique : MANEX à jour, certificats télépilote, attestation d’assurance, autorisations de survol et fiches NOTAM sont accessibles depuis votre téléphone en moins de 30 secondes face à un contrôle.
FAQ — Contrôles DGAC drone
Un agent peut-il me confisquer mon drone sur le terrain ?
Oui. La saisie du matériel est prévue par la loi lorsqu’une infraction est constatée et que le matériel a servi à la commettre. Le drone, la radiocommande et la carte SD peuvent être saisis. La restitution est possible après suite judiciaire favorable ou non-poursuite, sur demande motivée auprès du procureur.
Combien coûte une infraction « vol en catégorie spécifique sans déclaration » ?
L’amende peut atteindre 45 000 € assortie d’une peine de prison d’1 an maximum, sans compter les suspensions administratives DGAC qui peuvent rendre votre activité impossible pendant plusieurs mois. C’est la sanction la plus lourde régulièrement appliquée aux télépilotes professionnels.
Que faire si je suis contrôlé alors que je suis en règle ?
Présentez calmement votre dossier complet (cf. check-list). Le contrôle dure généralement 10-15 minutes. Notez le numéro de matricule des agents et le service de rattachement. Si le contrôle se passe sans suite, demandez un récépissé de contrôle ou un n° d’intervention — utile en cas de récidive de contrôle sur la même mission.
Le signalement électronique permet-il vraiment de me détecter ?
Oui. Depuis 2026, le signalement électronique à distance (Remote ID) est obligatoire sur tous les drones C1, C2, C3, C5 et C6. Les Forces de l’Ordre disposent de récepteurs Wi-Fi / Bluetooth qui captent l’identifiant du drone, sa position GPS et celle de la radiocommande. Un drone non conforme est immédiatement repéré, et un drone conforme mais en infraction est tracé jusqu’à son télépilote.
Quels documents conserver après un contrôle ?
Conservez systématiquement : la copie du procès-verbal éventuel, la liste des agents intervenants, l’heure et le lieu du contrôle, les éventuels échanges écrits avec la DGAC après le contrôle. Archivez tout pendant 5 ans minimum — c’est la durée pendant laquelle l’administration peut engager une action.
Sources officielles
- Exploitation de drones en catégorie spécifique — ecologie.gouv.fr (DGAC)
- Règles de pilotage drone — Service Public
- Code des transports — articles L. 6232-1 à L. 6232-13 (sanctions pénales aviation civile)
- Règlement européen (UE) 2019/947 — cadre EASA pour les drones civils
- Gendarmerie nationale — SPAD et GTA
Pour approfondir, consultez notre guide de la réglementation drone France 2026 ou les fiches détaillées sur le MANEX, les sanctions drone et la déclaration d’activité AlphaTango.
Article publié le 19 mai 2026 — Ianis M.
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