Qu’est-ce qu’AlphaTango

AlphaTango est la plateforme en ligne de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) dédiée aux drones. Lancée en 2018 et régulièrement mise à jour depuis, elle constitue le guichet unique pour toutes les démarches administratives liées à l’exploitation de drones en France.

Que vous soyez télépilote de loisir ou professionnel, AlphaTango est un passage obligé. C’est sur cette plateforme que vous allez :

  • Créer et gérer votre compte exploitant
  • Déclarer votre activité d’exploitation UAS
  • Enregistrer vos drones et obtenir leur numéro d’identification
  • Déclarer vos vols en zone peuplée (en complément de la déclaration préfectorale)
  • Consulter vos accusés de réception et vos historiques

AlphaTango ne remplace pas les autres démarches (déclaration préfectorale, obtention du CATS, assurance), mais il centralise une grande partie des obligations administratives du télépilote. C’est le premier outil à maîtriser quand on débute dans le métier.

Le rôle de guichet unique

Avant AlphaTango, les démarches étaient dispersées entre plusieurs services et formulaires papier. La plateforme a rationalisé le processus en regroupant l’enregistrement des drones, la déclaration d’exploitation et la déclaration de vol en un seul portail. L’objectif de la DGAC est d’avoir une traçabilité complète de l’activité drone sur le territoire français.

En 2026, avec l’entrée en vigueur pleine des scénarios européens STS-01 et STS-02, AlphaTango reste le point d’entrée principal pour les exploitants français, même si certaines démarches (comme la déclaration préfectorale) passent encore par d’autres canaux.

Créer votre compte exploitant

Personne physique ou personne morale

La première étape consiste à créer un compte sur AlphaTango. Vous avez deux options :

  • Personne physique : si vous exercez en nom propre (micro-entreprise, entreprise individuelle). Vous créez un compte à votre nom personnel.
  • Personne morale : si vous exploitez via une société (SARL, SAS, EURL, etc.). Vous créez un compte au nom de la société.

Dans les deux cas, c’est le représentant légal (vous-même en personne physique, le gérant ou président en personne morale) qui crée le compte et assume la responsabilité d’exploitant.

Les documents nécessaires

Pour créer votre compte, préparez :

  • Pièce d’identité du représentant légal (carte d’identité ou passeport en cours de validité)
  • Numéro SIRET de votre structure (obligatoire pour les professionnels)
  • Adresse email professionnelle (elle servira pour toutes les communications DGAC)
  • Numéro de téléphone portable (pour la validation du compte)

La création du compte est immédiate après validation de l’adresse email. Vous recevez un identifiant exploitant qui vous suivra dans toutes vos démarches.

Validation du compte

Après la création, votre compte est actif mais certaines fonctionnalités (comme la déclaration d’exploitation) nécessitent des pièces justificatives supplémentaires. AlphaTango peut demander une validation manuelle par les services de la DGAC, ce qui prend généralement quelques jours ouvrés.

Conseil pratique : créez votre compte AlphaTango dès le début de votre projet professionnel, même si vous n’êtes pas encore prêt à voler. Le processus de validation peut prendre du temps et il vaut mieux anticiper.

Déclarer votre activité d’exploitation

La déclaration d’exploitation UAS

Une fois votre compte créé, vous devez effectuer une déclaration d’exploitation UAS (anciennement « déclaration d’activité »). Cette déclaration informe la DGAC que vous exploitez des drones à titre professionnel et que vous respectez les obligations réglementaires en vigueur.

AlphaTango n'est pas une autorisation de vol

L’enregistrement sur AlphaTango constitue un registre administratif obligatoire, pas une autorisation. Un numéro exploitant valide ne vous autorise pas à voler en zone interdite, en CTR sans coordination, ou en zone peuplée sans déclaration préfectorale. C’est une confusion fréquente sur le terrain qui mène à des contrôles malheureux.

Il faut distinguer ici deux choses que cet article confondait :

  • En catégorie ouverte, il n’existe pas de déclaration d’exploitation. Ce qui est exigé, c’est l’enregistrement d’exploitant, une formalité différente et plus légère, due dès que vous ne relevez pas de l’exemption des 250 g. Ni MANEX ni liste de télépilotes ne sont demandés à ce titre.
  • En catégorie spécifique, la déclaration d’exploitation existe bel et bien : c’est elle qui accompagne les scénarios standard STS-01 et STS-02. Une opération hors scénario standard relève, elle, d’une autorisation d’exploitation, qui est une procédure encore différente.

Ce qui suit décrit la déclaration d’exploitation en catégorie spécifique.

Le formulaire de déclaration

Le formulaire en ligne vous demande de renseigner :

  • L’identité de l’exploitant (déjà pré-remplie depuis votre compte)
  • Le type d’activité : catégorie Ouverte, Spécifique STS-01, Spécifique STS-02, ou Spécifique hors STS
  • Les scénarios opérationnels que vous pratiquez
  • La liste des télépilotes rattachés à votre exploitation, avec leurs numéros de certificat. Depuis 2026, le titre pertinent en catégorie spécifique est le CATS, le CATT ne subsistant que pour les scénarios nationaux des missions exclues du règlement européen
  • La liste des drones utilisés (avec leurs numéros d’enregistrement)
  • L’attestation d’assurance RC professionnelle en cours de validité
  • Le MANEX (manuel d’exploitation) pour les activités en catégorie Spécifique

L’accusé de réception et le numéro d’exploitant

Après soumission, vous recevez un accusé de réception qui valide votre enregistrement administratif (sans pour autant constituer une autorisation de vol). Il est délivré sous quelques jours, parfois immédiatement pour les déclarations simples en catégorie Ouverte. Votre numéro d’exploitant d’UAS commence par FRA et vous suivra dans toutes vos démarches.

Numéro d’opérateur particulier vs numéro d’exploitant professionnel

La terminologie AlphaTango distingue deux identifiants qu’il ne faut pas confondre :

  • Le numéro commençant par ED est le numéro d’exploitant déclaré, rattaché aux déclarations d’activité sous scénarios standard nationaux. Contrairement à ce que cet article indiquait, ce n’est pas un numéro de loisir : c’est au contraire un numéro d’usage professionnel, aujourd’hui circonscrit aux missions relevant encore de ces scénarios.
  • Le numéro d’exploitant d’UAS commençant par FRA est le numéro d’enregistrement européen. Il est délivré à tout exploitant qui doit s’enregistrer, professionnel comme particulier de loisir, dès lors qu’il ne relève pas de l’exemption des 250 g.

Si vous cumulez les deux usages, loisir personnel et activité professionnelle, vos drones professionnels doivent être rattachés au compte exploitant professionnel, et le numéro à utiliser sur vos déclarations, dossiers de vol et contrats clients est celui commençant par FRA.

Pensez aussi au bilan annuel activité AlphaTango à effectuer chaque année. Conservez précieusement cet accusé de réception. Il vous sera demandé par vos clients, votre assureur, et en cas de contrôle DGAC ou gendarmerie sur le terrain. Pour comprendre le cadre réglementaire complet dans lequel s’inscrit cette déclaration, consultez notre guide de la réglementation drone professionnel en France.

Transition STS au 1er janvier 2026

Si vous étiez enregistré sous l’ancien régime français, les scénarios S1, S2 et S3 sont obsolètes depuis le 1er janvier 2026 pour les exploitants. Vous devez mettre à jour votre profil AlphaTango pour refléter les scénarios européens STS-01 (VLOS, drone C5) et STS-02 (BVLOS, drone C6). Une déclaration référant à l’un de ces scénarios n’est plus valide et expose à un rejet en contrôle. Seuls les SDIS (services d’incendie et de secours) conservent un régime résiduel documenté par la DGAC ; il ne concerne aucun autre exploitant.

Enregistrer vos drones

L’obligation d’enregistrement

Attention à ne pas confondre deux obligations distinctes, qui n’ont ni le même objet ni le même seuil.

L’enregistrement de l’exploitant, c’est vous. Il s’impose dès lors que vous ne relevez pas de la seule exemption prévue : exploitation en catégorie ouverte et masse inférieure à 250 g et énergie d’impact inférieure à 80 J. Autrement dit, tout usage professionnel y est soumis.

L’enregistrement de l’aéronef, c’est l’appareil. Il est obligatoire depuis le 26 décembre 2018 pour les aéronefs de 800 g et plus, ainsi que pour ceux équipés d’un dispositif de signalement électronique. C’est lui qui donne le numéro à apposer sur le drone.

Un drone de 400 g utilisé professionnellement impose donc d’enregistrer l’exploitant, mais pas nécessairement l’appareil. L’enregistrement est gratuit dans les deux cas. Il permet à la DGAC de maintenir un registre national des aéronefs sans équipage à bord.

La procédure d’enregistrement

Pour chaque drone, vous devez renseigner :

  • Le fabricant et le modèle (DJI Mavic 3 Enterprise, DJI Matrice 350 RTK, etc.)
  • Le numéro de série du drone (inscrit sur le châssis ou accessible dans les paramètres de l’application de pilotage)
  • La classe du drone selon le marquage CE européen (C0, C1, C2, C3, C4, C5, C6) ou « sans classe » pour les drones mis sur le marché avant le règlement européen
  • La masse maximale au décollage (MTOM)
  • Une photo du drone (optionnel mais recommandé)

Le numéro UAS-FR

Après validation, chaque drone reçoit un numéro d’enregistrement au format UAS-FR-XXXXXXXXXX. Ce numéro doit être :

  • Apposé physiquement sur le drone de manière visible et lisible (étiquette, gravure)
  • Renseigné dans le système d’identification à distance (remote ID) si votre drone en est équipé
  • Mentionné dans vos déclarations de vol

En cas de perte ou de crash du drone, le numéro UAS-FR permet aux autorités d’identifier le propriétaire. C’est l’équivalent de la plaque d’immatriculation pour un véhicule.

Mise à jour et radiation

Si vous vendez un drone, vous devez le radier de votre registre sur AlphaTango et le nouveau propriétaire devra l’enregistrer à son nom. Si vous modifiez significativement un drone (changement de nacelle, ajout de charge utile qui modifie la MTOM), mettez à jour les informations d’enregistrement.

Déclarer vos vols en zone peuplée

Le lien avec la déclaration préfectorale

Attention à une confusion fréquente, que cet article entretenait. Pour un vol en zone peuplée, l’arrêté du 3 décembre 2020 ne prévoit qu’une seule déclaration préalable, auprès du préfet territorialement compétent. Elle se dépose soit par voie électronique via le portail mis en place par le ministère, soit au moyen du Cerfa 15476*04 : c’est une alternative, pas un cumul de deux démarches.

Nous décrivions ici une « notification de vol sur AlphaTango » présentée comme obligatoire en plus de la déclaration préfectorale. Nous n’avons pas pu établir l’existence de cette démarche, et nous l’avons retirée plutôt que de laisser un lecteur chercher indéfiniment un formulaire introuvable, ou pire, la tenir pour équivalente à la déclaration préfectorale.

Autre précision : la « zone peuplée » n’est pas définie par les couleurs de la carte Géoportail, lesquelles expriment des hauteurs maximales de vol. Elle est définie par l’arrêté au moyen de critères de distance (proximité d’une agglomération ou d’un rassemblement de personnes). Vous pouvez donc être en zone verte sur la carte et devoir malgré tout déclarer. La déclaration préfectorale est détaillée dans notre guide étape par étape de la déclaration préfectorale drone.

Ce que contient une déclaration de vol en zone peuplée

Quel que soit le canal de dépôt, la déclaration porte sur les mêmes éléments : la localisation précise de la mission, la date et les horaires prévus, la hauteur maximale de vol, le cadre opérationnel applicable, l’aéronef utilisé et le télépilote désigné.

Préparez également, selon la zone : l’accord de l’organisme de contrôle si vous êtes en espace contrôlé au-delà des seuils applicables, et l’autorisation du propriétaire du terrain de décollage, qui est requise pour toute propriété privée.

Les délais

Pour une déclaration préfectorale en zone peuplée (Cerfa 15476*04), le délai est de 10 jours ouvrables avant la date prévue du vol (arrêté du 23 décembre 2025, en vigueur au 1er janvier 2026). En pratique, anticipez davantage pour les zones sensibles ou les premières déclarations, le traitement peut prendre plus de temps.

Les limites d’AlphaTango

AlphaTango est un outil indispensable mais imparfait. Connaître ses limites vous évitera des surprises.

Une interface parfois complexe

L’ergonomie de la plateforme a été améliorée au fil des mises à jour, mais elle reste perfectible. La navigation entre les différentes sections (exploitant, drones, vols) n’est pas toujours intuitive, et certains formulaires demandent des informations redondantes. Les messages d’erreur sont parfois obscurs.

Conseil : prenez le temps de vous familiariser avec l’interface en dehors de toute urgence. N’attendez pas la veille d’une mission pour faire votre première déclaration de vol.

Toutes les préfectures ne sont pas connectées

En théorie, AlphaTango devrait centraliser toutes les déclarations de vol. En pratique, certaines préfectures maintiennent leurs propres procédures parallèles (formulaire papier, adresse email dédiée). La dématérialisation n’est pas encore complète en 2026.

Renseignez-vous auprès de la préfecture du département où vous intervenez pour connaître la procédure exacte. Certaines acceptent la notification via AlphaTango comme déclaration préfectorale, d’autres exigent un dossier séparé.

Les temps de traitement variables

Le traitement des déclarations sur AlphaTango n’est pas instantané. Les accusés de réception de déclaration d’exploitation peuvent prendre de quelques jours à plusieurs semaines selon la charge des services DGAC. Les déclarations de vol sont généralement traitées plus rapidement, mais aucun délai garanti n’est affiché.

En cas d’urgence (mission de sécurité publique, sinistre), des procédures accélérées existent mais elles passent par un contact direct avec le bureau de la DGAC compétent, pas par AlphaTango.

Pas de gestion commerciale

AlphaTango est un outil réglementaire, pas un outil de gestion. Il ne gère pas vos devis, vos factures, votre planning de missions, votre carnet de vol numérique ni vos relations clients. Pour tout ce qui relève de la gestion commerciale et opérationnelle de votre activité, vous avez besoin d’outils complémentaires.

Les informations à tenir à jour

Votre profil AlphaTango doit être maintenu à jour en permanence. Si vous changez de drone, d’assureur, de MANEX, d’adresse ou de télépilote rattaché, vous devez mettre à jour votre déclaration d’exploitation. Un contrôle DGAC qui révèle des informations obsolètes peut entraîner une suspension de votre déclaration.

De la même manière, votre MANEX doit refléter votre activité réelle. Pour savoir comment le rédiger et le maintenir, consultez notre guide de rédaction du MANEX drone.

FAQ

Mon numéro AlphaTango est-il suffisant pour voler légalement en zone peuplée ?

Non. AlphaTango enregistre votre existence administrative comme exploitant UAS. Pour voler en zone peuplée ou en agglomération, vous devez en plus déposer le CERFA 15476*04 auprès de la préfecture compétente, dans le respect du délai de 10 jours ouvrables pleins. Voir le guide étape par étape de la déclaration préfectorale.

Faut-il renouveler son enregistrement exploitant AlphaTango ?

L’enregistrement exploitant n’a pas de durée de validité fixe, mais vous devez maintenir vos informations à jour : changement de siège, nouvelle flotte, nouveaux pilotes, mise à jour de l’assurance ou du MANEX. Le bilan annuel d’activité de l’année précédente se dépose, lui, chaque année en janvier, et non avant le 31 mars comme cet article l’indiquait. Précision utile sur son champ : cette obligation est attachée au régime des scénarios standard nationaux, donc aux seules missions qui en relèvent encore, et non à tout titulaire d’un compte AlphaTango.

Peut-on utiliser AlphaTango pour des drones étrangers utilisés en France ?

Un exploitant étranger utilisant un drone en France doit respecter la réglementation française. Si l’exploitant est établi dans un autre État membre de l’UE, son enregistrement national est reconnu via le mécanisme d’enregistrement unique européen, pas besoin de redéclarer sur AlphaTango. Hors UE, une démarche spécifique auprès de la DGAC est nécessaire avant tout vol commercial sur le territoire français. Vérifiez les conditions exactes sur ecologie.gouv.fr et auprès de la DSAC compétente.

Quelle différence entre numéro d’opérateur et numéro d’exploitant ?

Le numéro commençant par ED est le numéro d’exploitant déclaré, lié aux déclarations d’activité sous scénarios standard nationaux, et non un numéro réservé au loisir. Le numéro d’exploitant d’UAS commençant par FRA est le numéro d’enregistrement européen, délivré à tout exploitant tenu de s’enregistrer, y compris en loisir. C’est ce dernier qui doit figurer sur vos déclarations, dossiers de vol et contrats clients.

En résumé

AlphaTango est le passage obligé de tout télépilote professionnel en France. La plateforme centralise vos obligations administratives : déclaration d’exploitation, enregistrement des drones et notification des vols. Maîtriser son fonctionnement est un prérequis pour exercer en toute légalité.

Les étapes clés sont : créer votre compte exploitant, déclarer votre activité, enregistrer chaque drone avec son numéro UAS-FR, et notifier vos vols en zone peuplée. Malgré ses imperfections (interface perfectible, temps de traitement variable, couverture préfectorale incomplète), AlphaTango reste l’outil de référence de la DGAC et son utilisation est non négociable.

L’assistant AlphaTango d’AltiNest prépare vos déclarations à partir de votre profil exploitant : drones, certificats, assurance, MANEX. Il récapitule les valeurs à renseigner pour chaque champ, prêtes à recopier dans AlphaTango, vous gagnez du temps et réduisez le risque d’erreur de saisie. Essai gratuit 14 jours, sans carte bancaire : créer mon compte.