Depuis le 1er janvier 2026, le CATS (Certificat d’Aptitude Théorique en Scénarios Standards) a remplacé le CATT en France métropolitaine. C’est le titre théorique de référence pour opérer en catégorie spécifique sous les scénarios européens STS-01 et STS-02. Beaucoup de candidats sous-estiment sa difficulté réelle, et échouent au premier passage. Voici le contenu réel, la méthode qui fonctionne et les pièges à éviter.

Le CATS en bref

ÉlémentValeur
ExamenCATS : certificat d’Aptitude Théorique en Scénarios Standards
FormatQCM (Questionnaire à choix multiples)
Nombre de questionsSources officielles divergentes, voir l’encadré ci-dessous
Durée1h30 maximum selon les pages de la DGAC
Score requis75 % des points (concordant sur toutes les sources)
LieuSalle OCEANE dans un centre DSAC (présentiel)
Coût30 € (gratuit pour les demandeurs d’emploi)
Validité5 ans
Cadre légalRèglement européen (UE) 2019/947, EASA
Nombre de tentativesNon limité

L’inscription se fait sur le portail OCEANE de la DGAC. L’examen est passé en salle, pas en ligne depuis chez soi, un changement par rapport à l’ancien CATT qui pouvait se passer à distance pour certaines sessions.

Contenu du CATS : les 7 domaines

Le programme du CATS couvre l’ensemble des compétences théoriques requises pour opérer en catégorie spécifique sous STS-01 et STS-02.

Le nombre de questions : deux sources officielles se contredisent

Nous ne trancherons pas à votre place, parce que nous ne le pouvons pas honnêtement.

Les pages de la DGAC consacrées aux examens théoriques et à la catégorie spécifique indiquent que l’examen « se compose de 60 questions, se déroule pendant 1h30 maximum et uniquement sur ordinateur dans les centres d’examens DGAC (salles OCEANE) ».

Le Guide DSAC Catégorie Spécifique, édition 2 version 1.1 du 9 mars 2026, écrit de son côté : « Le CATS est composé de 40 questions et se passe en salle Océane. »

Les deux documents émanent de la même autorité et se contredisent sur ce seul point. Tout le reste concorde : salle OCEANE, 75 % de bonnes réponses exigées, validité de 5 ans, redevance de 30 euros.

Ce qu’il faut en faire concrètement : préparez-vous sur le programme, pas sur un format, et fiez-vous à votre convocation, qui fait foi le jour de l’épreuve. Si votre planning de révision dépend du nombre de questions, appelez votre DSAC.

Sur les pondérations qui suivent : la DGAC publie le programme officiel de l’examen, mais elle ne publie pas de répartition chiffrée par domaine. Les pourcentages indiqués ci-dessous sont donc une estimation issue de notre lecture du programme, utile pour hiérarchiser vos révisions, mais qui n’engage pas l’administration et ne doit pas être lue comme le barème réel.

1. Réglementation aérienne (poids ~35 %)

Le domaine le plus représenté. Couvre :

  • Règlement européen (UE) 2019/945 (classes drone C0 à C6)
  • Règlement européen (UE) 2019/947 (catégories Ouverte, Spécifique, Certifiée)
  • Sous-catégories A1, A2, A3 et leurs limites
  • Scénarios standards STS-01 et STS-02
  • Arrêtés français complémentaires (zones, conditions de vol)

Pièges fréquents : confusions entre distances d’isolation dans les différentes sous-catégories, A1 : pas de survol de rassemblements de personnes ; A2 : 30 m des tiers (5 m avec mode bas-risque) ; A3 : 150 m de zones résidentielles, industrielles, commerciales ou récréatives.

2. Espaces aériens (poids ~20 %)

  • Types d’espaces (CTR, TMA, zones P / R / D, ZIT, ZRT)
  • Lecture de cartes OACI 1/500 000
  • NOTAM et SUP AIP
  • Plateformes AlphaTango et Géoportail

Pièges fréquents : différence entre zone réglementée (R) et zone dangereuse (D). Une zone R est soumise à restrictions précises (souvent horaires) et son survol nécessite parfois une coordination. Attention à une idée fausse et répandue sur les zones D : pour la catégorie ouverte, le Guide DSAC précise que « pour les zones réglementées ou dangereuses, l’interdiction s’applique pendant les périodes d’activation » publiées en colonne HOR de la section ENR 5.1 de l’AIP, ou par NOTAM et SUP AIP. Une zone D active n’est donc pas un simple avertissement : elle est fermée.

3. Météorologie opérationnelle (poids ~15 %)

  • Formations nuageuses et risques associés
  • Vent, turbulence, cisaillement
  • Procédures d’anticipation météo

Pièges fréquents : questions sur les types de nuages et les conditions de givrage. Mémorisez le tableau des classes nuageuses (cirrus, stratus, cumulus, nimbus) et leurs altitudes typiques. Les conditions de givrage (température entre 0 et −15 °C avec humidité) sont fréquemment testées.

4. Performance et limitations des aéronefs (poids ~10 %)

  • Effets du vent sur les drones multirotor
  • Décrochage, perte de sustentation
  • Effet de sol au décollage et à l’atterrissage
  • Influence de l’altitude sur la portance (drones en montagne)

5. Facteurs humains (poids ~10 %)

  • Gestion du stress et charge cognitive
  • Décision Go / No-Go pré-vol
  • CRM (Crew Resource Management) adapté au drone

6. Procédures opérationnelles (poids ~5 %)

  • Checklist pré-vol structurée
  • Gestion des urgences (perte GPS, perte radio, perte vidéo, batterie critique)
  • Préparation de mission selon STS-01 / STS-02

7. Sécurité et confidentialité des données (poids ~5 %)

  • RGPD appliqué à la captation aérienne
  • Obligations de signalement (collecte d’image en zone privée, droit à l’image)
  • Signalement électronique à distance (Remote ID) obligatoire en 2026

Méthode de préparation : 3 phases

Phase 1 : Comprendre la réglementation (2 à 3 semaines)

Lire les textes officiels (ou leurs synthèses) dans l’ordre logique :

  1. Règlement UE 2019/945 : classes drone (C0 à C6) et exigences techniques
  2. Règlement UE 2019/947 : conditions d’utilisation et catégories opérationnelles
  3. Arrêté du 3 décembre 2020 et arrêtés modificatifs 2025-2026
  4. Guide DGAC télépilotes téléchargeable sur ecologie.gouv.fr

Ne cherchez pas à tout mémoriser en première lecture. Comprenez d’abord la logique du système (classes → catégories → scénarios) avant d’aborder les détails et exceptions.

Phase 2 : Entraînement sur questions type (1 à 2 semaines)

Des simulateurs d’examen CATS sont disponibles sur plusieurs plateformes (certains payants, certains gratuits). Objectif : 85 à 90 % de bonnes réponses en simulation avant de passer l’examen réel. En dessous de 85 %, vous avez un risque réel d’échec le jour J, la pression et la fatigue feront perdre 5 à 10 points.

Identifiez vos domaines faibles en simulation et retournez aux textes sources pour ces points précis. Les domaines réglementation et espaces aériens sont, selon notre estimation, les deux plus lourds : c’est là qu’il faut investir en priorité.

Phase 3 : Consolidation (3 à 5 jours avant l’examen)

  • Réviser les distances d’isolation par sous-catégorie (A1 / A2 / A3)
  • Réviser la cartographie des types d’espaces aériens (CTR, TMA, P, R, D)
  • Réviser les types de nuages et niveaux de vol associés
  • Réviser les classes drone (C0 à C6) et leurs limites de masse
  • Faire 2 à 3 simulations complètes chronométrées, en prenant la durée annoncée sur votre convocation

Conseils terrain pour le jour J

  • Arriver 15-20 min en avance au centre DSAC, pièce d’identité en main
  • Smartphone éteint dès l’entrée en salle (et pas seulement en silencieux)
  • Gérer le temps : comptez environ 1 min 30 à 2 min par question. Certaines questions complexes peuvent prendre 2 à 3 min : n’y restez pas bloqué, marquez-les et revenez-y à la fin
  • Lire chaque question deux fois avant de répondre, surtout pour les questions à formulation négative (“laquelle des affirmations suivantes est FAUSSE”)
  • Pas de stress : 75 % suffisent, soit un quart des questions que vous pouvez manquer
  • En cas d’échec : analysez le rapport d’évaluation, repreniez les domaines faibles, replanifiez sous 2-4 semaines pour ne pas perdre le bénéfice de la préparation

Préparer le CATS avec un partenaire de confiance

Pour les candidats qui préfèrent une préparation encadrée, AltiNest a un partenariat avec EURADRONES, exploitant UAS DGAC (ED-108.21) et centre de formation drone implanté à Lille avec des centres partenaires QUALIOPI partout en France. Les Stagiaires EURADRONES bénéficient automatiquement de 3 mois Pro AltiNest offerts à l’activation de leur compte, de quoi structurer leur activité dès la sortie de formation.

Une formation encadrée offre trois avantages décisifs sur l’autodidaxie :

  1. Encadrement par un instructeur qui débloque les points complexes (SORA, espaces aériens, distances d’isolation)
  2. Examens blancs notés avec retour individualisé sur les domaines faibles
  3. Formation pratique associée (heures de vol supervisées) qui complète le théorique, nécessaire pour exercer en STS-01 / STS-02

Pour le détail des modalités, consultez la fiche partenariat EURADRONES.

Cas particuliers à connaître

Vous détenez un CATT

Il ne vous permet plus d’opérer sous scénario européen, quelle que soit sa date d’expiration. Le Guide DSAC Catégorie Spécifique est sans ambiguïté : « le CATT ne se substitue pas au CATS, et n’a donc aucune validité concernant les scénarios standard européens. Il n’est donc plus valide à compter du 1er janvier 2026. »

Une version antérieure de cette page indiquait que vous pouviez « continuer à l’exploiter jusqu’à sa date d’expiration ». C’était faux, et c’est le genre d’erreur qui fait voler sans titre.

Les attestations de formation pratique S1, S2 et S3 sont frappées de la même obsolescence, et il n’existe aucune passerelle ni équivalence. La seule voie est de passer le CATS, après avoir obtenu l’attestation A1/A3 ou le BAPD qui en sont les prérequis d’inscription.

Le CATT subsiste en revanche en Nouvelle-Calédonie, sous la forme du CATT/NC, pour les scénarios nationaux.

CATT/NC en Nouvelle-Calédonie

Le CATT/NC reste organisé en Nouvelle-Calédonie, qui n’applique pas le cadre EASA dans les mêmes conditions que la métropole. Les inscriptions relèvent du service calédonien compétent, et non de la DSAC Océan Indien, qui couvre La Réunion et Mayotte. À noter que le format annoncé pour la Nouvelle-Calédonie est celui-là même que les pages de la DGAC décrivent pour le CATS métropolitain : ce n’est donc pas un vestige local.

Candidats venus d’un autre État membre UE

Si vous détenez un certificat équivalent au CATS délivré par un autre État membre EASA, vous pouvez généralement opérer en France sous réserve d’une déclaration auprès de la DGAC via AlphaTango. La reconnaissance mutuelle s’applique depuis 2024, mais des subtilités demeurent, vérifier au cas par cas auprès de la DSAC interrégionale.

FAQ : Examen CATS

Combien de fois peut-on repasser le CATS en cas d’échec ?

Il n’y a pas de limite au nombre de tentatives, et chaque passage coûte 30 € (sauf demandeurs d’emploi exonérés). Nous mentionnions auparavant un délai de carence de 7 jours entre deux tentatives : nous n’avons trouvé aucune source officielle l’établissant, et nous l’avons donc retiré. Le chiffre semblait provenir d’une confusion avec le délai sous lequel le certificat est mis à disposition dans le compte OCEANE après réussite. La progression entre tentatives dépend de la qualité de la révision, il est inutile de retenter sans avoir analysé les points faibles du précédent passage.

Le CATS est-il reconnu dans toute l’Europe ?

Une précision s’impose : le CATS est un certificat national français, délivré par la DGAC. Ce qui est européen, c’est l’exigence de compétence posée par le règlement (UE) 2019/947, ainsi que le mécanisme de reconnaissance entre États. Le certificat lui-même n’est pas délivré par l’Union.

En pratique, la mobilité existe bien : les compétences attestées sont reconnues dans les autres États appliquant le règlement, sous réserve des déclarations et autorisations propres à chaque pays. Mais n’attendez pas d’un certificat national qu’il vaille passeport automatique : vérifiez les exigences de l’État où vous comptez opérer.

Quelle est la durée de validité du CATS ?

5 ans à compter de l’obtention.

Sur le renouvellement, il faut distinguer deux situations, et la confusion entre les deux circule beaucoup.

Pour les scénarios nationaux S-1 à S-3, c’est-à-dire les missions exclues du champ du règlement (UE) 2018/1139 (secours, police, douanes), l’arrêté du 23 janvier 2026 est clair : à compter du 1er janvier 2027, une formation théorique de maintien de compétences est requise pour tout télépilote dont le certificat a été délivré il y a plus de cinq ans. Elle porte sur la réglementation, les performances, la météorologie et les facteurs humains, et se valide par un questionnaire. Ce n’est donc pas un nouvel examen complet.

Pour la catégorie spécifique européenne, qui concerne la très grande majorité des télépilotes professionnels, ce dispositif ne s’applique pas : l’arrêté du 23 janvier 2026 ne vise que les missions exclues. La règle y est plus simple, et plus exigeante : le Guide DSAC Catégorie Spécifique indique que « le certificat théorique a une validité de 5 ans » et qu’« au terme de la validité, le télépilote doit passer à nouveau le certificat théorique européen ». Il n’y a donc pas de formation de recyclage qui vous en dispenserait, et compter sur une passerelle serait une erreur.

Concrètement : si votre certificat approche des cinq ans, vérifiez les modalités auprès de la DGAC ou de votre DSAC plutôt que de vous inscrire d’office à un nouvel examen, et précisez bien dans quel cadre vous opérez. Les deux régimes n’ont pas les mêmes règles.

Le CATS est-il accessible sans formation préalable ?

Non, et c’est un point bloquant qu’il vaut mieux connaître avant de tenter une inscription. Pour être autorisés à s’inscrire à l’examen théorique CATS, les candidats doivent être titulaires soit de l’attestation de réussite UAS Open A1/A3, soit du BAPD (brevet d’aptitude de pilote à distance).

L’attestation A1/A3 s’obtient par une formation et un examen en ligne et gratuits. Ce n’est donc pas un obstacle coûteux, mais c’est une étape à ne pas sauter : sans elle, l’inscription est refusée.

En revanche, aucune formation encadrée n’est obligatoire pour préparer le CATS lui-même. Vous pouvez réviser en autodidacte avec les ressources de la DGAC et de l’EASA, une formation restant recommandée si vous visez le succès au premier passage, en particulier sur les domaines SORA et espaces aériens.

Quelle différence entre le CATS et le A2:CofC européen ?

Le A2:CofC (Certificate of Competency niveau A2) est un examen plus simple, dédié aux opérations en catégorie Ouverte sous-catégorie A2 (drone de classe C2, soit moins de 4 kg, distance minimale de 30 m des personnes non participantes, 5 m en mode basse vitesse). Le CATS est dédié à la catégorie Spécifique (STS-01, STS-02, autorisations DGAC). Si vous opérez en pro avec un drone classe C5 ou C6, c’est le CATS qu’il vous faut.

Sources officielles

Pour approfondir, consultez le guide certifications télépilote drone, le glossaire CATS et notre guide complet de la réglementation drone France 2026.


Article mis à jour le 20 mai 2026 : Ianis M.

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