Accéder à la carte drone sur Géoportail

Géoportail est le portail cartographique de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). Pour croiser les sources efficacement, consultez notre guide Géoportail carte OACI AlphaTango drone. Il propose une couche spécifique dédiée aux restrictions de vol pour les drones, accessible gratuitement et sans inscription.

L’URL directe

Rendez-vous sur geoportail.gouv.fr puis cherchez la couche « Restrictions UAS, catégorie Ouverte et Aéromodélisme ». Vous pouvez aussi y accéder directement via le lien affiché sur la page dédiée de la DGAC. La couche « Restrictions pour les drones de loisirs » est souvent affichée par défaut, mais elle couvre également les restrictions applicables en catégorie Ouverte pour les professionnels.

Les couches à activer

Par défaut, seule la couche de base est visible. Pour une lecture complète, activez :

  • Restrictions UAS : catégorie Ouverte : la couche principale qui affiche les zones colorées
  • Fond cartographique IGN : pour vous repérer géographiquement
  • Photographies aériennes : utile pour identifier précisément les bâtiments, routes et obstacles sur votre zone de vol

L’interface permet de superposer ces couches et de jouer sur leur opacité. Zoomez suffisamment pour voir apparaître les détails des zones, à l’échelle nationale, seules les grandes zones sont visibles.

Utilisez la barre de recherche pour saisir une adresse ou des coordonnées GPS. Le zoom molette fonctionne, et vous pouvez cliquer sur une zone colorée pour obtenir des informations complémentaires (nom de la zone, hauteur maximale autorisée, conditions). Le panneau d’information latéral affiche les détails de la restriction sélectionnée.

Comprendre les couleurs : ce sont des hauteurs, pas des types de zones

C’est le contresens le plus répandu sur cette carte, et cet article le commettait : les couleurs de la couche « Restrictions UAS catégorie Ouverte et Aéromodélisme » n’indiquent pas le type de zone (P, R, D, CTR). Elles indiquent une hauteur maximale de vol.

La légende officielle ne comporte que six entrées :

CouleurSignification
RougeVol interdit
OrangeHauteur maximale de vol : 30 m
Orange clair50 m
Jaune60 m
Jaune pâle100 m
HachuresNotification obligatoire aux Armées pour les aéronefs de plus de 900 g

S’y ajoute la mention générale « tout vol interdit au-dessus de 120 m », et la réserve des conditions particulières publiées par l’arrêté « espace » du 3 décembre 2020.

Il n'y a pas de bleu sur cette carte

Une version antérieure de cet article décrivait un code couleur rouge pour les zones P, orange pour les zones R, jaune pour les zones D et bleu pour les CTR, avec des dégradés de bleu selon la sévérité. Rien de tout cela n’existe. Un lecteur cherchait une couleur absente, et surtout il lisait une zone jaune comme un simple « avertissement » alors qu’elle plafonne son vol à 60 m.

Un clic gauche sur une zone affiche une bulle qui donne la hauteur maximale de vol autorisée sans contrainte. Ne lui demandez pas la motivation juridique de la restriction : elle ne la donne pas. Pour cela, il faut aller à l’AIP.

Zones réglementées et dangereuses : l’interdiction pendant l’activation

Autre idée fausse que cet article véhiculait : une zone dangereuse ne serait qu’un avertissement, et une zone réglementée se négocierait au cas par cas.

Le Guide DSAC de la catégorie ouverte est explicite : « Pour les zones “réglementées” ou “dangereuses”, l’interdiction s’applique pendant les périodes d’activation possibles publiées en colonne HOR de la section ENR 5.1 de l’AIP ou pendant les périodes d’activité publiées par NOTAM ou SUP AIP. »

Une zone D active n’est donc pas un site où l’on redouble de prudence : c’est une portion d’espace qui vous est fermée.

Cas particulier du RTBA, le réseau très basse altitude de l’armée : l’interdiction ne s’applique que pendant les horaires d’activité programmée, publiés la veille à partir de 17h00 sur le site du SIA, et joignables le jour même au numéro vert 0800 24 54 66. C’est le seul canal qui donne ces horaires, et cet article ne le mentionnait pas.

Espaces protégés : la carte affiche les interdictions fermes

Les parcs nationaux et réserves naturelles dont le survol est interdit sont publiés à l’AIP et représentés sur la carte. C’est là que se trouvent les interdictions solides.

Pour les autres espaces protégés, Natura 2000 ou espaces naturels sensibles, le vol n’est habituellement pas interdit par principe : il peut l’être temporairement par arrêté préfectoral. Cet article détaillait ce cas incertain et passait sous silence les interdictions fermes, c’est-à-dire exactement l’inverse de ce qui est utile.

À retenir sur les établissements interdits de survol (prisons, hôpitaux, sites sensibles listés à l’AIP) : ils apparaissent sous forme d’un disque rouge de 200 m de rayon, mais tout l’établissement est interdit de survol, pas seulement le disque.

Les zones spécifiques à connaître

CTR : comment obtenir l’accord du contrôle aérien

Pour voler en CTR au-delà de la hauteur maximale affichée sur Géoportail, vous devez obtenir un accord protocolaire. La procédure dépend du type d’aérodrome :

  • Aéroports avec tour de contrôle (classe D) : contactez le service de contrôle local. Certains disposent d’un formulaire en ligne, d’autres exigent un contact téléphonique ou par mail. Le délai de réponse varie de quelques heures à plusieurs jours.
  • Aérodromes avec AFIS (classe G) : contactez le responsable AFIS de l’aérodrome. La procédure est généralement plus souple.
  • Aérodromes sans service : la restriction s’applique mais il n’y a pas d’interlocuteur permanent. Référez-vous aux publications aéronautiques (AIP/VAC) pour les conditions spécifiques.

Le protocole d’accord précise les conditions de vol : hauteur maximale, zone géographique précise, créneau horaire, fréquence radio à écouter éventuellement, et coordonnées de contact en cas de besoin.

Zones P : la dérogation auprès de l’armée de l’air

Les zones P militaires sont gérées par le commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA). Pour demander une dérogation, il faut adresser un dossier au bureau « espace aérien » du CDAOA en justifiant la nécessité impérieuse de la mission. Le taux d’acceptation est faible et les délais sont longs (plusieurs semaines). Anticipez.

ZRT : Zones réglementées temporaires

Les ZRT n’apparaissent pas sur Géoportail. Elles sont publiées via les NOTAM (Notices to Airmen) et les SUP AIP. Une ZRT peut être activée pour un événement ponctuel : visite présidentielle, événement sportif majeur, feu de forêt, accident industriel.

C’est l’une des limites majeures de Géoportail : la carte ne reflète pas les restrictions temporaires. Il est impératif de croiser Géoportail avec les NOTAM avant chaque mission.

Natura 2000 et zones environnementales

Les sites Natura 2000 n’apparaissent pas systématiquement sur la carte drone de Géoportail, mais certains arrêtés préfectoraux restreignent ou interdisent le survol par drone de ces zones sensibles, notamment en période de nidification. Vérifiez auprès de la DREAL ou de la DDT locale.

Pour en savoir plus sur les démarches administratives nécessaires avant un vol en zone sensible, consultez notre guide de la déclaration préfectorale.

Les limites de Géoportail

Géoportail est un outil indispensable, mais il ne suffit pas à lui seul pour préparer un vol de drone en toute légalité. Voici ses principales limites.

Les NOTAM ne sont pas affichés

Comme évoqué, les restrictions temporaires (ZRT, NOTAM) ne figurent pas sur la carte. Un vol autorisé selon Géoportail peut être interdit le jour J en raison d’un NOTAM activé quelques heures auparavant. Vérifiez systématiquement les NOTAM via le portail du SIA (Service de l’Information Aéronautique) ou via SOFIA-Briefing.

Les ZRT ne sont pas en temps réel

Même les zones réglementées permanentes ne reflètent pas toujours leur état d’activation en temps réel. Certaines zones R ne sont actives qu’à certaines heures ou certains jours. La carte affiche la zone, pas son état d’activation à l’instant T.

Les arrêtés préfectoraux locaux

Certaines restrictions locales (survol de plages en été, zones de manifestation, périmètres de protection de monuments historiques) ne sont pas reportées sur Géoportail. Les arrêtés préfectoraux doivent être consultés séparément.

La précision cartographique

Le contour des zones sur Géoportail est parfois imprécis, surtout à grande échelle. Pour une délimitation exacte, référez-vous aux coordonnées géographiques publiées dans l’AIP.

Les autres outils complémentaires

SOFIA-Briefing

SOFIA-Briefing est l’outil de préparation de vol de la DGAC. Il intègre les NOTAM, les conditions météo aéronautiques et les cartes de restrictions. C’est le complément indispensable à Géoportail pour une préparation de vol complète. SOFIA-Briefing affiche les NOTAM actifs sur votre zone et votre créneau horaire, ce que Géoportail ne fait pas.

Mach7 Drone

Mach7 Drone est une application mobile qui intègre la carte des restrictions, les NOTAM et une fonctionnalité de déclaration de vol. Son avantage : elle est utilisable directement sur le terrain depuis un smartphone et affiche les restrictions en temps réel.

AIP et SUP AIP

L’AIP (Aeronautical Information Publication) est le document de référence officiel qui décrit l’ensemble de l’espace aérien français. Les SUP AIP (suppléments) publient les modifications temporaires. Consultables sur le site du SIA, ces documents sont la source primaire d’information pour tout ce qui concerne l’espace aérien.

La checklist de vérification

Avant chaque vol, croisez ces sources selon une procédure systématique. Notre article sur la checklist pré-vol drone professionnel détaille cette procédure étape par étape.

En résumé

Géoportail est votre premier réflexe pour identifier les restrictions de vol sur une zone. Les couleurs, rouge, orange, jaune, bleu : vous donnent une lecture immédiate du niveau de contrainte. Mais ne vous arrêtez jamais à Géoportail seul : croisez systématiquement avec les NOTAM, SOFIA-Briefing et les arrêtés préfectoraux locaux.

La préparation de l’espace aérien est une obligation réglementaire inscrite dans votre MANEX et dans les procédures STS-01/STS-02. Un télépilote qui décolle sans avoir vérifié les restrictions s’expose à des sanctions administratives, des poursuites pénales et, surtout, à un risque de collision avec un aéronef habité.

AltiNest détecte automatiquement les zones réglementées autour de votre site de mission et vous alerte en cas de restriction. Plus besoin de jongler entre plusieurs onglets : la vérification de l’espace aérien est intégrée à votre préparation de vol. Découvrez nos fonctionnalités.