La déclaration préfectorale est l’une des démarches administratives les plus fréquentes pour un télépilote professionnel en France. Dès que vous prévoyez un vol en zone peuplée ou en agglomération, vous devez déclarer votre opération à la préfecture compétente. Depuis le 1er janvier 2026, le cadre a évolué avec l’arrêté du 23 décembre 2025 : le délai minimum passe à 10 jours ouvrés et les vols en catégorie Ouverte en agglomération sont désormais autorisés pour les professionnels.

Ce guide vous accompagne étape par étape, du formulaire CERFA jusqu’à la confirmation de votre déclaration.

En résumé

En résumé : La déclaration préfectorale est obligatoire pour tout vol en zone peuplée (catégorie Ouverte pro + STS-01). Le formulaire CERFA 15476*04 doit être envoyé entre 10 jours ouvrés minimum et 30 jours ouvrables maximum avant le vol. Le silence de la préfecture vaut accord.

Quand la déclaration préfectorale est-elle obligatoire

Tous les vols de drone ne nécessitent pas une déclaration préfectorale. Il est essentiel de bien comprendre dans quels cas cette démarche s’impose pour ne pas perdre de temps inutilement — et surtout pour ne pas voler illégalement en omettant une déclaration obligatoire.

Vols en zone peuplée ou en agglomération

Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration préfectorale est obligatoire pour tout vol réalisé au-dessus de l’espace public en zone peuplée ou en agglomération, quelle que soit la catégorie d’opération :

  • Catégorie Ouverte (Open) : si vous êtes un exploitant professionnel (avec SIRET) et que vous volez en agglomération avec un drone C0, C1 ou C2, vous devez déclarer votre vol en préfecture. C’est une nouveauté introduite par l’arrêté du 23 décembre 2025.
  • Catégorie Specific — STS-01 : les vols en zone peuplée sous le scénario standard STS-01 (drone C5, VLOS) nécessitent également une déclaration préfectorale.

Vols hors agglomération en catégorie Ouverte

Si vous volez en catégorie Ouverte hors agglomération (zone rurale, champ, forêt, montagne), la déclaration préfectorale n’est pas obligatoire. Vous devez cependant respecter les restrictions de zone (zones P, R, D, ZRT) et consulter les NOTAM.

Vols STS-02 en zone peu peuplée

Le STS-02 concerne les vols BVLOS en zone peu peuplée. Ces opérations relèvent d’un régime de déclaration auprès de la DGAC (via AlphaTango), mais pas de la déclaration préfectorale au sens du CERFA 15476*04. Attention à ne pas confondre les deux démarches.

Règle simple

Si votre vol survole l’espace public dans une commune classée en agglomération, la déclaration préfectorale est obligatoire. En cas de doute, déclarez.

Le formulaire CERFA 15476*04

Le CERFA 15476*04 est le formulaire officiel de déclaration préfectorale pour les vols de drones en zone peuplée. Il est téléchargeable sur le site service-public.fr et sur AlphaTango. Voici le détail de chaque section.

Section 1 : identification de l’exploitant

Cette section recueille les informations de l’exploitant UAS :

  • Raison sociale ou nom/prénom pour les entreprises individuelles.
  • Numéro SIRET : obligatoire pour les exploitants professionnels.
  • Adresse du siège social : adresse complète avec code postal.
  • Numéro d’exploitant AlphaTango : le numéro UAS-FR attribué lors de votre déclaration d’activité sur AlphaTango.
  • Coordonnées du responsable : nom, téléphone, email du référent opérationnel.

Veillez à ce que les informations soient strictement identiques à celles de votre déclaration d’exploitant sur AlphaTango. Toute incohérence peut entraîner un rejet du dossier.

Section 2 : télépilotes

Listez ici l’ensemble des télépilotes susceptibles d’intervenir pendant la période déclarée :

  • Nom et prénom de chaque télépilote.
  • Numéro de brevet (CATT ou CATS selon le cas) ou numéro d’attestation de compétence.
  • Validité du brevet ou de l’attestation.

Il n’est pas nécessaire de savoir à l’avance quel télépilote sera affecté à chaque vol. Vous pouvez lister tous les télépilotes de votre structure qui sont susceptibles d’opérer.

Section 3 : régime des vols

Indiquez le cadre réglementaire de vos opérations :

  • Catégorie Ouverte : précisez la sous-catégorie (A1, A2 ou A3).
  • Catégorie Specific — STS-01 : si vous opérez sous ce scénario standard.
  • Autre : si vous disposez d’une autorisation spécifique (SORA).

Depuis 2026, la mention des anciens scénarios S1/S2/S3 n’est plus acceptée. Assurez-vous de référencer exclusivement le cadre européen.

Section 4 : dates et période des vols

Renseignez la période pendant laquelle vous prévoyez de voler :

  • Date de début : au plus tôt 10 jours ouvrés après la réception de la déclaration par la préfecture.
  • Date de fin : au plus tard 30 jours ouvrables après l’envoi de la déclaration.
  • Horaires prévisionnels : plages horaires envisagées (par exemple 08h00-18h00).

Le respect du délai de 10 jours ouvrés minimum est impératif. Une déclaration reçue trop tardivement sera rejetée de plein droit.

10 → 30 jours Fenêtre d'envoi : entre J-10 ouvrés et J-30 ouvrables

Section 5 : aéronefs

Décrivez les drones que vous utiliserez :

  • Marque et modèle : par exemple DJI Mavic 3 Enterprise, DJI Matrice 350 RTK.
  • Marquage de classe : C0, C1, C2 ou C5 selon le cas.
  • Numéro de série ou numéro d’enregistrement UAS.
  • Masse maximale au décollage (MTOM) : en kilogrammes.

Si vous disposez de plusieurs drones, listez-les tous. Vous n’êtes pas obligé de préciser lequel sera utilisé pour chaque vol spécifique.

Section 6 : description des vols

C’est la section la plus détaillée. Elle doit permettre à la préfecture de comprendre précisément ce que vous allez faire :

  • Localisation : commune, adresse précise ou coordonnées GPS de la zone de vol. Joignez un plan ou une carte.
  • Nature de la mission : inspection de bâtiment, photographie aérienne, thermographie, topographie, etc.
  • Altitude maximale prévue : en mètres AGL (au-dessus du sol).
  • Mesures de sécurité : balisage au sol, périmètre de sécurité, personnel de sécurité, gilets haute visibilité.
  • Plan de gestion d’urgence : procédure en cas de perte de contrôle, perte de liaison, atterrissage d’urgence.

Plus cette section est précise et professionnelle, plus votre déclaration a de chances d’être acceptée sans demande de complément.

Section 7 : engagement de l’exploitant

L’exploitant signe et s’engage à :

  • Respecter les conditions déclarées.
  • Disposer d’une assurance RC drone en cours de validité.
  • Détenir les autorisations complémentaires nécessaires (propriétaire du terrain, gestionnaire d’infrastructure).
  • Informer la préfecture de toute modification des conditions déclarées.

Les pièces jointes à fournir

Le formulaire CERFA seul ne suffit pas. Vous devez joindre plusieurs documents à votre déclaration.

La déclaration d’activité AlphaTango

Fournissez une copie de votre récépissé de déclaration d’activité délivré par AlphaTango. Ce document atteste que vous êtes bien enregistré comme exploitant UAS auprès de la DGAC.

L’attestation d’assurance RC drone

Une attestation d’assurance responsabilité civile aérienne en cours de validité, mentionnant explicitement la couverture des drones que vous allez utiliser. L’attestation doit couvrir toute la période de vol déclarée.

Les attestations de compétence des télépilotes

Joignez les copies des CATT (Certificat d’Aptitude Théorique de Télépilote) ou CATS (Certificate of competence for drone operations in the ‘specific’ category) de chaque télépilote listé dans la déclaration. Si vos télépilotes disposent d’une attestation de suivi de formation pratique, joignez-la également.

Le plan de la zone de vol

Un plan ou une carte montrant clairement :

  • La zone de vol (emprise au sol).
  • Le périmètre de sécurité.
  • Les points de décollage et d’atterrissage prévus.
  • Les obstacles notables (lignes électriques, bâtiments hauts, antennes).
  • La proximité d’aérodromes, héliports ou zones sensibles.

Utilisez un fond de carte IGN, OpenStreetMap ou Géoportail. Un plan clair et lisible facilite l’instruction de votre dossier.

Dossier incomplet = retard

Un dossier incomplet sera systématiquement renvoyé avec une demande de complément, ce qui remet le compteur du délai à zéro. Vérifiez chaque pièce avant envoi.

Comment envoyer la déclaration

Vous avez trois options pour transmettre votre déclaration préfectorale.

Via AlphaTango

Depuis 2024, la plateforme AlphaTango de la DGAC permet de soumettre certaines déclarations préfectorales directement en ligne. L’avantage est double : l’horodatage est automatique (preuve de réception) et le formulaire est partiellement pré-rempli avec les données de votre compte exploitant.

Toutes les préfectures ne sont pas encore intégrées au système AlphaTango. Vérifiez la disponibilité pour la préfecture de votre zone de vol.

Par email

La plupart des préfectures acceptent les déclarations par email, à l’adresse dédiée de leur service aviation civile ou de leur bureau des polices administratives. Envoyez le CERFA rempli et signé en PDF, accompagné de toutes les pièces jointes.

Demandez systématiquement un accusé de réception (fonctionnalité de votre client email ou demande explicite dans le corps du message). Sans accusé de réception, vous ne pouvez pas prouver la date de dépôt en cas de litige.

Par courrier postal

L’envoi par lettre recommandée avec accusé de réception reste possible. C’est l’option la plus sûre juridiquement (preuve de réception incontestable), mais aussi la plus lente. Tenez compte des délais postaux en plus des 10 jours ouvrés réglementaires.

Le délai de 10 jours ouvrés minimum / 30 jours ouvrables maximum

Rappel du calendrier :

  • Minimum : la déclaration doit être reçue par la préfecture au moins 10 jours ouvrés avant le premier vol prévu (jours ouvrés = du lundi au vendredi, hors jours fériés).
  • Maximum : la déclaration ne peut pas être envoyée plus de 30 jours ouvrables avant le premier vol (jours ouvrables = du lundi au samedi, hors jours fériés).

En pratique, envoyez votre déclaration dès que la mission est confirmée, dans la fenêtre autorisée.

Après l’envoi

Votre déclaration est partie. Que se passe-t-il maintenant ?

L’accusé de réception

Si la préfecture accuse réception de votre déclaration, c’est le point de départ officiel du décompte des 10 jours ouvrés. Conservez précieusement cet accusé.

Le silence vaut accord

Si vous n’avez reçu aucune réponse de la préfecture à l’expiration du délai de 10 jours ouvrés, le silence vaut accord. Vous pouvez procéder au vol dans les conditions exactes que vous avez déclarées.

C’est un point essentiel : l’absence de réponse n’est pas un oubli administratif, c’est un mécanisme juridique prévu par le Code des relations entre le public et l’administration (CRPA). Votre déclaration est réputée acceptée.

Les restrictions possibles

La préfecture peut répondre en imposant des restrictions à votre vol :

  • Limitation de la plage horaire.
  • Interdiction de survol d’un secteur spécifique (école, hôpital, bâtiment sensible).
  • Obligation de coordination avec un service (police, gendarmerie, pompiers).
  • Exigence de mesures de sécurité supplémentaires.

Ces restrictions sont contraignantes. Si elles rendent votre mission impossible, vous devez modifier votre plan de vol ou soumettre une nouvelle déclaration.

Les motifs de refus

La préfecture peut refuser votre déclaration pour des motifs de sécurité publique ou de sûreté de l’État :

  • Manifestation, événement public ou visite officielle prévue sur la zone.
  • Proximité d’un site sensible non identifié dans votre plan.
  • Dossier incomplet ou non conforme.
  • Zone couverte par un arrêté préfectoral d’interdiction temporaire.

Le refus doit être motivé. Si vous estimez le refus injustifié, vous pouvez former un recours gracieux auprès du préfet ou un recours contentieux devant le tribunal administratif.

Astuce pratique

Appelez le service compétent de la préfecture avant d’envoyer votre déclaration pour vérifier qu’il n’y a pas d’événement prévu sur la zone. Un coup de téléphone de 5 minutes peut vous éviter un refus et 10 jours de retard.

Les erreurs les plus fréquentes

En accompagnant des centaines de télépilotes, nous avons identifié les erreurs qui reviennent le plus souvent dans les déclarations préfectorales :

  • Délai non respecté : envoi moins de 10 jours ouvrés avant le vol. La déclaration est rejetée d’office.
  • SIRET manquant ou erroné : la préfecture ne peut pas identifier l’exploitant.
  • Assurance expirée : l’attestation jointe ne couvre pas la période de vol déclarée.
  • Plan de zone illisible : un plan trop petit, sans légende, sans échelle, sans indication des obstacles.
  • Référence aux anciens scénarios : mentionner S1, S2 ou S3 dans une déclaration en 2026 décrédibilise votre dossier.
  • Oubli de pièces jointes : une seule pièce manquante suffit à provoquer un renvoi du dossier.

Optimisez votre processus de déclaration

La déclaration préfectorale est une formalité récurrente qui peut devenir chronophage si elle n’est pas industrialisée. Voici quelques bonnes pratiques :

  • Constituez un dossier type avec tous les documents permanents (récépissé AlphaTango, attestations de compétence, attestation d’assurance).
  • Préparez des modèles de plans de zone pour vos secteurs de vol récurrents.
  • Tenez un tableau de suivi avec les dates d’envoi, les accusés de réception et les dates d’accord tacite.
  • Automatisez le calcul des délais pour ne jamais envoyer trop tôt ou trop tard.

Pour aller plus loin sur les aspects assurantiels, consultez notre guide complet de l’assurance drone professionnel. Et pour découvrir comment simplifier toutes vos démarches réglementaires, rendez-vous sur notre page outils.


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